Un constat : une fracture entre science et société

Les équations de Maxwell : la lumière est une onde électromagnétique
Les équations de Maxwell : la lumière est une onde électromagnétique

« La culture…ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers » écrivait André Malraux. La culture générale est importante car elle contribue à la construction de l’individu, du citoyen, mais aussi à la manière dont nous percevons le monde. Cependant quand on parle de culture générale, on a tendance à y exclure les cultures scientifiques et techniques (CST) qui en font pourtant partie intégrante.

Eric Michel - Light Wave
Eric Michel – Light Wave

En 1959, le physicien et romancier britannique C.P. Snow prononçait sa célèbre conférence sur « les deux cultures ». Il y déplorait le fossé séparant les sciences et la société ainsi que le manque de connaissances scientifiques élémentaires de bien des gens reconnus comme cultivés. Plus de cinquante ans plus tard, l’emprise de la science sur nos sociétés est presque totale, des technologies de l’information à la biotechnologie en passant par la médecine moderne, les sciences sont incontournables. Mais qu’en est-il du fossé entre science et société ? C’est une question à laquelle il est difficile de répondre, cependant de nombreux indices suggèrent qu’il existe encore. Le citoyen actif doit néanmoins pouvoir intervenir en connaissance de cause, l’action citoyenne nécessite des CST de qualité.

Masque soleil africain -Baule-Cote d'ivoire
Masque soleil -Baule-Cote d’ivoire

« Toutes les actions et toutes les imaginations humaines cherchent à apaiser les besoins des hommes et à calmer leurs douleurs. Refuser cette évidence, c’est s’interdire de comprendre la vie de l’esprit et son progrès. »Albert Einstein. En Afrique de l’Ouest, la question des cultures scientifiques et techniques dépasse largement le simple cadre de l’action citoyenne. On a tendance à y opposer sciences et traditions ; sciences et superstitions. La diffusion des savoirs scientifiques se heurte souvent à des barrières sociales. Ils sont vus comme trop éloignés des réalités et de l’urgence dans laquelle se trouve les populations. Ceci est décrit avec une grande sagacité par le sociologue camerounais Jean-Marc Ela :

« La science est loin d’être au centre des préoccupations actuelles des sociétés africaines (…). Dans la tourmente qui frappe le continent noir, les nouvelles générations doutent de l’utilité même de la science. Elles se demandent à quoi elle sert et si elle n’est pas un luxe face aux urgences de survie au quotidien (…). Au-delà des laboratoires et des campus, il faut bien reconnaître que l’image de la science et de la recherche pose un problème fondamental en Afrique bien plus qu’ailleurs. À l’évidence, cette image est bien floue, voire effacée (…). Tout donne l’impression qu’on peut parfaitement s’en passer [des scientifiques] dans la mesure même où l’on ne sait pas très bien ce qu’ils représentent.»

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